
Il n’avait retrouvé la liberté que depuis quelques mois. Sokpor Kossi Sitsopé Honoré, dit « Affectio » est de nouveau en détention. Arrêté le 24 avril 2026 par l’unité Anti-gang alors qu’il filmait un chantier à proximité du domicile familial, l’acteur de la société civile croupit depuis plus d’une dizaine de jours à la brigade de gendarmerie d’Agoè-Nyivé, suscitant l’indignation de l’Alliance Nationale pour le Changement. Le parti réclame sa libération immédiate et soupçonne un règlement de comptes.
C’est le mercredi 29 avril, aux alentours de 9 heures, que Jean-Pierre Fabre, président national de l’ANC, apprend la nouvelle et décide d’agir sans attendre, selon un communiqué du parti. Il se rend en personne à la gendarmerie d’Agoè-Nyivé pour s’enquérir de la situation et témoigner à Affectio le soutien de son parti. De l’entretien qu’il obtient avec le détenu, il ressort que ce dernier aurait simplement été en train de photographier un chantier situé non loin du domicile de ses parents au moment de son interpellation.
Fabre sollicite aussitôt sa libération auprès du commandant de la gendarmerie, jugeant l’arrestation abusive. Il est orienté vers l’unité Anti-gang, auteure de l’interpellation, dont le siège se trouve à Djidjolé. Là, il rencontre le colonel Banawaï, qui promet de veiller à un traitement diligent du dossier en vue d’un dénouement rapide.
La promesse ne tiendra pas vingt-quatre heures. Le lendemain, jeudi 30 avril, le président de l’ANC recontacte le colonel. Celui-ci l’informe que l’exploitation du téléphone portable d’Affectio aurait révélé d’autres photos qui ne se limitent pas au seul chantier où il a été interpellé. Les investigations se poursuivraient. Affectio reste donc en cellule.
Pour l’ANC, le prétexte ne tient pas. Dans le communiqué rendu public le 30 avril, le parti fustige une détention qui s’étire bien au-delà des délais légaux.
« L’ANC juge inacceptable que, depuis plusieurs jours, un citoyen togolais soit maintenu en détention pour avoir pris des images sur un chantier », écrit-il, dénonçant une mesure « arbitraire » et une « forme manifeste de harcèlement ».
Le parti rappelle qu’Affectio n’en est pas à sa première mésaventure judiciaire. De janvier à décembre 2025, il avait déjà passé près d’un an derrière les barreaux — sans jugement définitif — pour avoir écrit et diffusé un poème intitulé « Fais ta part », dans lequel il interpellait les dirigeants sur leurs responsabilités face aux difficultés quotidiennes des Togolais. Des vers que la justice avait qualifiés d’atteinte à l’ordre public.
L’ANC exige désormais la libération « immédiate et sans condition » de Sokpor Kossi Sitsopé Honoré.
Les autorités judiciaires, elles, n’ont toujours pas communiqué officiellement sur les motifs exacts du maintien en détention.
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