Société

Migration : WILDAF Togo plaide pour faire de la voie légale la norme

À Lomé, un atelier organisé par WILDAF Togo ce lundi 29 décembre 2025, dans le cadre de la commémoration différée de la Journée internationale des migrants remet la question migratoire à l’endroit. Loin des discours abstraits, les échanges recentrent le débat sur une réalité structurante : les inégalités qui poussent au départ et la nécessité de faire de la migration régulière un cadre de protection plutôt qu’une exception.

Derrière les trajectoires migratoires, les causes sont connues. Chômage, précarité, insécurité, conflits ou catastrophes naturelles contraignent de nombreux jeunes à envisager l’ailleurs comme une échappatoire. Mais lorsque ce départ s’opère hors de tout cadre légal, le rêve bascule souvent dans la vulnérabilité.

Chargé de projet OUESTAF à WILDAF Togo, M. Ahokoti Comlan Sinaï pose clairement le diagnostic.

« Voyager, c’est une bonne chose. Il y a plusieurs raisons qui amènent les gens à quitter leur pays, parfois volontairement en quête de mieux-être, souvent aussi sous contrainte. Le problème intervient quand la migration n’est pas faite selon la loi. »

C’est à cette frontière que se cristallisent les dérives. Privés de statut légal, les migrants s’exposent aux abus, à l’exploitation et à l’exclusion. Une réalité que le projet OUESTAF – Parcours régionaux pour la prévention de la migration irrégulière, la lutte contre le trafic des migrants et la traite des êtres humains entend combattre en amont.

« Dans nos pays, la migration est de plus en plus associée à des drames en raison des voies irrégulières. Nous voulons promouvoir une migration régulière, respectueuse des lois et des droits humains », insiste le chargé de projet.

Les échanges s’ancrent aussi dans des vécus concrets. Participant à l’atelier, Zakary Rafiou partage une expérience marquée par la dureté du terrain.

« La migration irrégulière n’est pas du tout bonne. J’ai été au Liban et ce que j’ai vu est vraiment grave. Certaines de nos sœurs souffrent énormément après être parties par ces voies. »

Un témoignage qui illustre les conséquences humaines d’un départ non sécurisé.

« J’ai un ami en Guinée équatoriale qui n’a pas de papiers, même travailler devient difficile. Il se cache constamment. C’est donc mieux de choisir la voie légale pour éviter de plonger dans la souffrance », ajoute-t-il.

Pour WILDAF Togo, l’enjeu dépasse la simple sensibilisation. La directrice exécutive de l’organisation, Mme Anne-Collette Kpedji rappelle que l’atelier s’inscrit dans une démarche plus large.

« L’objectif est de réunir les acteurs de la migration et surtout les jeunes afin d’échanger sur les causes et les conséquences, mais aussi de proposer des pistes pour une migration régulière ou pour entreprendre sur place. »

Les discussions ont débouché sur des recommandations et une mobilisation citoyenne est en cours pour nourrir un plaidoyer régional.

« Les débats ont été très fructueux et nous avons recueilli plusieurs recommandations. Nous profitons en même temps de cette occasion pour recueillir les signatures. Ces signatures rentrent dans le cadre du plaidoyer que nous devons conduire à l’endroit de l’Union Africaine et les Parlements nationaux des pays dans lesquels le projet (OUESTAF, ndlr) est mis en œuvre. Cela afin des dispositions soient prises pour permettre une migration régulière, respectueuse des droits humains et de la dignité humaine », précise-t-elle.

Le message porté par WILDAF Togo à travers cet atelier, est sans ambiguïté : tant que les inégalités persistent, la migration restera une réalité. Mais faire de la voie légale la norme, c’est réduire les risques, protéger les personnes et replacer l’humain au cœur des politiques migratoires.

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Raphael Koffi AZIAMADJI

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