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Lutte contre la corruption au Sénégal : Les lanceurs d’alertes ont désormais des récompenses

Au Sénégal, l’Assemblée nationale renforce la lutte contre la corruption avec l’adoption le 25 août dernier, de deux projets de loi majeurs, incluant un système d’incitation pour les témoins de pratiques frauduleuses.

Un nouvel Office aux prérogatives renforcées

La première réforme porte sur la création d’un nouvel Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC). Cette institution indépendante, rattachée directement au président de la République, succède à l’ancienne structure jugée « inefficace » par les autorités actuelles.L’OFNAC nouvelle génération sera composée de douze membres désignés par appel à candidatures pour un mandat unique de cinq ans, garantissant ainsi leur indépendance. Ses prérogatives considérablement élargies incluent désormais l’accès aux informations bancaires, l’audition de personnes mises en cause ainsi que le gel administratif de biens suspects.

Cette évolution institutionnelle marque une rupture avec l’ancien système. Créé initialement en 2012 puis révisé en 2024, l’OFNAC constitue aujourd’hui l’un des piliers de la stratégie anticorruption du Sénégal. Il est chargé de prévenir, détecter et réprimer les pratiques frauduleuses avec des moyens d’action renforcés.Cette loi accorde également un cadre légal de protection aux lanceurs d’alerte. Ainsi, désormais, toute personne qui dénonce anonymement un acte de corruption, de détournement ou de fraude pourra recevoir 10 % des fonds récupérés grâce à son signalement. Les 90 % restants seront affectés à un fonds spécial destiné au financement de projets sociaux, renforçant ainsi l’impact collectif de la mesure.La loi ne se limite pas à l’aspect financier. Elle offre une protection intégrale aux lanceurs d’alerte de bonne foi, afin de les mettre à l’abri de toute forme de représailles, qu’elles soient professionnelles, sociales ou personnelles. Elle prévoit en outre des sanctions contre les faux lanceurs d’alerte, afin d’éviter les abus.

La transparence patrimoniale obligatoire

Le second texte adopté instaure la déclaration obligatoire de patrimoine pour certains responsables publics. Cette mesure concerne spécifiquement les magistrats, les dirigeants de secteurs stratégiques ainsi que les agents qui gèrent des budgets supérieurs à 500 millions de francs CFA.

« La déclaration de patrimoine doit devenir un instrument de lutte contre la corruption, en plus de combattre l’enrichissement illicite », a souligné Ousmane Diagne, ministre de la Justice. L’objectif affiché est de prévenir les conflits d’intérêts et l’enrichissement illicite, conformément à l’Agenda Sénégal 2050 axé sur la transparence.

Cette obligation de transparence patrimoniale s’inscrit dans une démarche préventive, permettant de détecter en amont les enrichissements suspects et de dissuader les tentations de corruption.

Selon l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2024, le Sénégal affiche des progrès encourageants avec un score de 45 sur 100 contre 43 en 2023. Cependant, le pays demeure classé dans la zone rouge, témoignant de la persistance du phénomène corruptif dans certains secteurs de l’administration et de l’économie.

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