Manifestations de juin : Le gouvernement promet une réponse « vigoureuse… »

Après des missions diplomatiques, le gouvernement a rencontré la presse togolaise mercredi 9 juillet 2025 pour discuter des événements sociopolitiques survenus au cours du mois de juin. Quatre ministres ont pris la parole : le ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et des collectivités locales, Hodabalo Awaté, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, l’Ambassadeur Calixte Madjoulba, le ministre des Droits de l’Homme, Pacôme Adjourouvi, et le ministre de l’Enseignement technique, Isaac Tchiakpé. Ils ont tour à tour expliqué la situation et dénoncé des actes « d’insurrection et de déstabilisation » visant à provoquer un chaos total dans le pays.
« Nous sommes dans un État de droit et le respect des lois n’est pas une option, mais une obligation. Les manifestations non déclarées, les appels à la violence et à l’insurrection ne peuvent être considérés comme des formes acceptables d’expression de la démocratie. Les manifestations au Togo sont encadrées par la loi. Le gouvernement a la responsabilité de protéger tous les citoyens, quelle que soit la situation. Ce qui s’est passé les 26, 27 et 28 juin résulte d’une pure manipulation et relève d’une tentative de déstabilisation de notre pays et de la sous-région. C’est effectivement du terrorisme quand on invite les populations à commettre des violences gratuites », a martelé le ministre Hodabalo Awaté.
Des actes hors loi et impardonnables
Au cours de la rencontre, des vidéos ont été projetées, montrant certains Togolais appelant à la révolte, à la violence et à l’assassinat des forces de l’ordre et des autorités. Certains intervenants ont exprimé leur volonté de « tuer » des Togolais d’une ethnie spécifique et ont incité des personnes à s’en prendre aux édifices publics et privés. Le gouvernement considère ces agissements comme susceptibles de conduire le pays vers une guerre civile et appelle à la retenue.
« Nous avons eu affaire à une entreprise de déstabilisation de l’État par des groupes non institutionnalisés qui ont délibérément décidé de s’en prendre aux institutions de l’État, en outrageant des personnes dépositaires de l’autorité publique. Tous ces actes sont des délits répréhensibles par la législation togolaise », a déclaré le ministre Isaac Tchiakpé.
Le gouvernement a également condamné le traitement « biaisé et fâcheux » de l’actualité togolaise par certains médias internationaux, dénonçant la désinformation et appelant les médias nationaux et internationaux à plus de professionnalisme.
Les ministres ont reconnu qu’il existe des défis à relever dans tous les secteurs, mais estiment que les revendications doivent se faire dans le respect des textes réglementaires et de manière pacifique.
« Partout, nous savons qu’il y a des problèmes et des difficultés. Mais cela ne peut pas justifier la création de troubles. Nous devons plutôt nous mettre au travail et apporter notre contribution », a ajouté le Col. Awaté.
Réseaux sociaux bientôt régulés
Face à la situation et aux appels violents lancés depuis l’étranger, le gouvernement envisage de réguler les réseaux sociaux, qui, selon les ministres, accentuent l’insécurité. « Avec ce qui se passe sur les réseaux sociaux, nous avons l’obligation de protéger nos enfants. Nous sommes un État de droit et nous prendrons des mesures. Nous avons un corpus juridique nécessaire pour réguler les réseaux sociaux », a déclaré le ministre de la Sécurité, Calixte Madjoulba.
Concernant les actes d’exactions présumés des forces de l’ordre et la présence présumée de miliciens dans les rues, le gouvernement assure qu’une enquête est en cours pour situer les responsabilités et prendre les mesures nécessaires en cas de véracité.
Les instigateurs des manifestations dans le viseur de la justice
Le gouvernement ne compte pas passer l’éponge sur les événements qui ont ébranlé le pays en juin. L’exécutif promet de mettre tout en œuvre pour arrêter les instigateurs de ces manifestations qualifiées de « très violentes ».
« Tous ceux impliqués dans ces manifestations seront arrêtés et répondront devant la justice. Les enquêtes se poursuivent, et les interpellations vont continuer. Les personnes devront répondre de leurs actes. Des mandats d’arrêt internationaux ont été lancés contre les auteurs de ces événements, dont certains avaient déjà des problèmes avec la justice. Dans aucun pays au monde, on ne peut appeler à tuer des gens et s’en tirer », a déclaré le ministre de la sécurité.
Selon l’exécutif, les instigateurs des actes d’insurrection, de vandalisme et de déstabilisation seront traqués et interpellés, peu importe leur lieu de résidence.
« Les gens sont allés très loin. On a appelé à tuer des gens, et nous n’allons pas nous laisser faire. Nous allons répondre par la voie légale », a ajouté le ministre en charge des Droits de l’Homme.
Concernant les élections municipales prévues le 17 juillet prochain, le gouvernement togolais a rassuré que toutes les dispositions sont prises pour garantir le bon déroulement des élections sur l’ensemble du territoire national.
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