Réparations des crimes historiques contre l’Afrique : A Lomé, une conférence débat se penche sur les actions à venir

Le ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et des Togolais de l’Extérieur a organisé vendredi 23 mai 2025 à Lomé, une conférence-débat dans le cadre de la célébration de la Journée de l’Afrique.
Axée sur le thème retenu par l’Union africaine pour cette année 2025 : « Justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine par les réparations », cette rencontre a rassemblé le corps diplomatique, des universitaires, des représentants des organisations internationales ainsi que des directeurs et chefs de service du ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et des Togolais de l’extérieur.
Elle a offert l’occasion aux participants d’approfondir leur compréhension des enjeux complexes liés aux réparations, d’analyser leurs implications multiples, et d’explorer, ensemble, les voies concrètes de leur mise en œuvre de manière réaliste, juste et constructive.
Dans son discours d’ouverture, le Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Ousmane Afo Salifou a rappelé l’importance de la Journée de l’Afrique, célébrée chaque 25 mai, en mémoire de la création de l’Organisation de l’unité africaine en 1963. Pour lui, cet événement est bien plus qu’une simple célébration symbolique.
« Elle est, avant tout, un hommage vivant aux idéaux portés par les pères fondateurs de l’unité africaine. Mais elle est aussi – et surtout – un rendez-vous avec notre conscience historique. Un moment pour réfléchir ensemble, raviver notre solidarité panafricaine, et réaffirmer notre engagement en faveur d’une Afrique unie, forte, souveraine… et pleinement maîtresse de son destin », a-t-il avancé.
Selon le représentant du ministre, cette conférence-débat qui intervient après les festivités culturelles organisées le 19 mai dernier à Lomé, vient donner une autre dimension à la célébration de la Journée de l’Afrique, notamment en offrant l’occasion aux acteurs de penser, de débattre et de se projeter.

Il a insisté sur la pertinence du thème de cette conférence qui, a-t-il souligné, s’inscrit dans une dynamique nouvelle.
« Une dynamique de reconnaissance, de réparation, et de réhabilitation. Il fait écho à trois grandes tragédies de notre histoire : la déportation, l’esclavage et la colonisation. Trois blessures profondes, qui ont marqué l’Afrique pendant des siècles. Trois crimes dont les séquelles continuent d’affecter nos sociétés, nos économies et nos mémoires. C’est dans ce contexte, et sous l’impulsion éclairée de Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBÉ, Président de la République, que le Togo a pris ses responsabilités », a déclaré M. Ousmane Afo Salifou.
« Notre pays a porté une initiative forte, claire, courageuse. Une initiative qui a conduit, le 16 février 2025, à une décision historique de l’Union africaine : la reconnaissance, à l’unanimité, de l’esclavage, de la déportation et de la colonisation comme des crimes contre l’humanité, et des actes de génocide perpétrés contre les peuples africains », a-t-il ajouté, réaffirmant ainsi l’engagement du pays à toujours œuvrer pour la justice en faveur du continent.
Restaurer la dignité de l’Afrique
Pour le représentant du Chef de la diplomatie togolaise, le travail engagé par le Togo au profit du continent n’est nullement un appel à la revanche, ni un cri de ressentiment stérile.
« C’est un acte de mémoire conscient et nécessaire. Un acte de vérité historique. Un acte de responsabilité morale, politique et historique que nous assumons pleinement. Et c’est, par-dessus tout, une étape fondamentale dans la reconstruction patiente d’un avenir commun, solidement ancré sur les piliers inébranlables de la vérité, de la justice et de l’honneur retrouvé », a-t-il rappelé.
Pour les autorités togolaises, la réussite de cette mission exige un « plaidoyer structuré, la mobilisation de toutes les forces vives du continent, y compris celles issues de sa diaspora, qui est une richesse et une force de projection pour l’Afrique ».
Tout en saluant la tenue de cette conférence-débat qui a permis de réfléchir ensemble aux outils, aux stratégies, et aux partenariats qui permettront de traduire cette exigence de justice en réalités concrètes, M. Ousmane Afo Salifou a rappelé les actions déjà menées par le Togo ainsi que celles à venir dont le 9ᵉ Congrès panafricain prévu en décembre à Lomé pour impliquer tous les fils et filles du continent autour d’un objectif commun.
« Ce Congrès, grand rendez-vous diplomatique et intellectuel, sera l’occasion de réaffirmer la centralité de l’Afrique dans un monde en mutation, et de construire une parole panafricaine collective, forte, cohérente et audible », a-t-il conclu.
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