Société

Fermeture de LYDIA LUDIC : 3 ans d’attente, 6 morts, 350 familles dans la détresse

Trois ans après la fermeture brutale et mystérieuse de leur entreprise, plus de 350 anciens employés de la société LYDIA LUDIC du GROUPE PEFACO vivent un calvaire quotidien. Laissés pour compte, sans indemnités ni explications, ces travailleurs ont décidé de briser le silence.

Ils réclament que leurs droits soient reconnus et qu’une solution durable soit enfin trouvée à leur situation qu’ils qualifient de « précarité absolue ».

Tout a commencé le 3 mars 2020. Ce soir-là, sans préavis, un agent relevant d’une juridiction est venu sceller la direction de LYDIA LUDIC.

« C’était une débandade, parce que beaucoup de collègues étaient déjà sur le terrain. Ils n’étaient pas encore revenus à la direction pour formaliser les actes de la journée. Subitement, nous avons été dispersés », se souvient Badi Balaki, porte-parole du collectif des ex-employés.

Selon nos informations, la fermeture est intervenue après un litige entre la Loterie Nationale Togolaise (LONATO) et la société LYDIA LUDIC. Mais pour les employés, aucune explication claire ne leur a été fournie.

« Nous n’avons pas vu le danger venir », souligne le porte-parole.

Des promesses non tenues, une opacité totale

Selon le collectif, il leur avait été promis 60% de leur salaire en guise d’indemnités. Près de trois ans plus tard, rien n’a été versé. « Jusqu’à ce jour, ni notre employeur, ni aucune autorité étatique, aucun retour ne nous a été notifié », déplore Badi Balaki.

Cette absence de communication et de transparence autour de leur dossier nourrit l’incompréhension et la colère.

« C’est une situation de précarité absolue. Nous avons des difficultés à pouvoir subvenir à nos besoins. Suite à la perte de notre emploi, ce n’était pas évident pour nous de pouvoir trouver ailleurs. C’est une situation de non-vie », confie-t-il.

Pour ces travailleurs qui ont servi l’entreprise pendant plus de 25 ans pour certains, la situation est d’autant plus incompréhensible que LYDIA LUDIC n’a pas fermé pour cause de faillite.

« Nous vivons dans la précarité. Certains sont malades, d’autres sont décédés dans cette situation. Un collègue est récemment mort faute de moyens pour se soigner alors qu’il aurait dû suivre une dialyse. Depuis trois ans, six personnes sont déjà décédées dans ces conditions difficiles », a déclaré Mme Jacqueline Bagnou, ancienne employée.

Des questions qui dérangent

Le collectif pointe du doigt plusieurs zones d’ombre qui alimentent leurs inquiétudes. « Cette question de redevance, est-ce qu’un accord a été passé entre la LONATO (seule habilitée à organiser et exploiter les jeux de hasard sur le territoire togolais) et notre employeur au point que nous soyons oubliés ? Nous voulons que la lumière soit faite à ce sujet », exhortent ces ex-employés.

Autre source d’incompréhension : l’arrivée d’une nouvelle société qui a pris la place de LYDIA LUDIC. « Elle doit être enrôlée dans les ressources de l’État. Avant qu’on lui fasse le contrat, quelle part a été réservée aux anciens employés du type d’exploitation de la machine qui est actuellement en train d’opérer sur le territoire togolais ? » questionne le porte-parole.

Pour les ex-employés, cette situation soulève des interrogations légitimes sur la gestion de leur dossier et sur les responsabilités des différentes parties prenantes.

Un appel aux plus hautes autorités

Face à cette situation qu’ils jugent insoutenable, les anciens employés de LYDIA LUDIC lancent un appel solennel au gouvernement togolais.

« Notre appel, c’est un appel à l’intérêt de l’opinion nationale et internationale. Nous aurions souhaité que tous ceux qui compatissent à notre situation puissent relayer nos cris de détresse et les porter à qui de droit pour qu’on vienne à notre secours. Parce que nous sommes dans une situation de non-vie », a insisté Badi Balaki

Parmi les 350 employés concernés, 117 ont été licenciés sans qu’aucune explication concrète sur les motifs du licenciement ne leur soit fournie.

« Ce que nous réclamons, c’est de nous reconnaître nos droits. Notre entreprise n’est pas fermée pour cause de faillite. Nous voulons que la lumière soit faite à ce sujet », martèle Badi Balaki.

Trois ans après la fermeture de LYDIA LUDIC, ces centaines de familles attendent toujours que justice leur soit rendue et que leurs droits soient enfin respectés. Un dossier qui interroge sur la protection des travailleurs et sur les responsabilités de l’État en cas de litiges commerciaux ayant des répercussions sociales majeures.

Pour rappel, LYDIA LUDIC est une société spécialisée dans les activités de jeux de hasard et loisirs, notamment les Casinos et machines à sous.

Ne ratez aucune info ! Rejoignez notre chaîne WhatsApp dès maintenant : https://whatsapp.com/channel/0029VadAlHg2ZjCes0fLbC3p


En savoir plus sur AuxNouvelles

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Raphael Koffi AZIAMADJI

www.auxnouvelles.tg est édicté par le Groupe AUXNOUVELLES, société à responsabilité limitée unipersonnelle (SARL U) au capital de 1 000 000 de franc CFA, immatriculée au registre du commerce et des sociétés de Lomé sous le numéro TG-LFW-01-2025-13-02034 ; Récépissé : N° 0133/HAAC/12-2025/pl/P ; Contact : +22892060703/+22896404107 Mail : auxnouvellestogo@gmail.com

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page

En savoir plus sur AuxNouvelles

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture