Affaire de Bizzi à Lomé : Après le scandale, la jeune femme réclame 30 000 F CFA pour supprimer les vidéos publiées sur les réseaux sociaux

À Lomé, plus précisément dans le quartier de Djagblé, une affaire de Bizzi (rencontre intime) entre une jeune prostituée et un client a viré au cauchemar. Ce qui devait être un simple échange tarifé s’est transformé en un véritable psychodrame, mêlant disputes, menaces et tentatives de chantage, le tout immortalisé et diffusé sur les réseaux sociaux.
Dans plusieurs vidéos qui ont fait le buzz sur TikTok et autres plateformes, on peut voir une jeune femme, se présentant ouvertement comme prostituée, réclamer avec véhémence son paiement au jeune Dodzi qui venait de « consommer » ses services. Le montant exigé ? 20 000 F CFA, somme qu’elle affirme avoir été convenue à l’avance.
De son côté, le jeune homme, qui pensait avoir affaire à une rencontre amoureuse classique, nie catégoriquement avoir négocié un quelconque tarif.
La version des faits selon Dodzi
« J’ai vu cette fille pour la première fois dans un bar. Je me dirigeais vers les toilettes lorsqu’elle m’a abordée. Elle m’a dit être venue vers moi parce qu’elle avait remarqué que je la regardais. J’ai pris son numéro et elle m’a demandé de régler ses consommations. Je lui ai donné 2 000 F CFA. Quelques minutes plus tard, elle est revenue me dire que sa chicha était terminée. J’ai demandé qu’on lui en serve une nouvelle, j’ai encore payé 2000 F et je suis parti.
Deux jours après, je l’ai appelée pour qu’on se voie. C’est là qu’elle m’annonce que je dois payer 20 000 F CFA pour notre rendez-vous. Étonné par cette demande, je lui ai dit que j’allais la rappeler dans 15 minutes. Ce que je n’ai jamais fait.
Mais à ma grande surprise, elle m’appelle quelques heures plus tard pour me dire qu’elle est dans mes parages. Quand je suis allé à sa rencontre, elle était venue avec un zémidjan. J’ai payé 2 000 F pour son transport. Nous sommes entrés dans un bar à côté, elle a commandé des spaghettis et une boisson.
Dans nos discussions, je lui ai fait savoir que je recherchais une fille pour une relation sérieuse. Mais voyant qu’elle n’était pas dans cette logique, j’ai préféré qu’elle rentre chez elle et je lui ai remis 5 000 F CFA. Elle a pris l’argent.
J’ai alors appelé mon ami avec qui j’étais dans le bar lors de notre première rencontre. Il m’a demandé de passer le téléphone à la fille. Après avoir discuté avec elle, il me dit qu’il avait tout arrangé et que la fille était d’accord pour aller dans un endroit plus calme. Mais moi, je m’opposais à son idée car j’avais compris qu’elle n’était pas une fille ordinaire.
Je lui ai donc fait savoir que je ne voulais aucun problème car je cherchais une fille avec qui construire une relation sérieuse. Elle a vraiment insisté avant que j’accepte d’aller dans une auberge avec elle. Après notre rapport, elle me demande de lui remettre ses 20 000 F CFA. C’est là que je lui ai demandé : « Quels 20 000 F CFA ? » C’est à ce moment que tous mes problèmes ont commencé, jusqu’à se retrouver sur les réseaux sociaux. »
Un chantage qui s’intensifie
Le jeune homme affirme ignorer totalement l’identité de la personne qui a filmé la scène et l’a diffusée sur les réseaux sociaux. Lors des altercations, des témoins auraient suggéré qu’il paie 10 000 F CFA à la jeune femme pour clore l’affaire. Mais celle-ci a catégoriquement refusé ce montant, selon les dires de Dodzi.
« Finalement, je lui ai remis 12 000 F CFA. Je l’ai rassurée en lui promettant d’envoyer les 3 000 F CFA restants par Flooz. Elle a donc pris l’argent et est partie avec son zémidjan qu’elle avait appelé pendant nos disputes.
Le lendemain, soit le vendredi, elle m’a téléphoné pour m’annoncer que des vidéos de nous deux circulaient sur TikTok. Elle m’a même envoyé une des vidéos en me précisant qu’il existait une deuxième partie. Surpris, je lui ai dit que j’allais retourner sur les lieux pour mener mes enquêtes et découvrir qui avait filmé.
Mais dans la soirée, elle m’envoie un message vocal pour me dire que son frère avait identifié l’auteur du filmage et que cette personne exigeait 30 000 F CFA pour supprimer les vidéos. Or, ces mêmes vidéos circulaient déjà massivement sur les réseaux sociaux. »
Dans son message vocal, la jeune femme a clairement menacé Dodzi s’il refusait de payer la somme exigée pour la suppression des vidéos.
« Dans cette affaire, la seule aide que je peux t’apporter, c’est de demander qu’on supprime les vidéos. Mais si tu refuses d’envoyer l’argent, j’irai porter plainte contre toi et tu devras chercher tout seul l’auteur de la vidéo », peut-on entendre dans son message vocal menaçant.
Une affaire révélatrice de problèmes sociétaux
Cette affaire soulève de nombreuses questions sur les dérives de la prostitution et des réseaux sociaux qui prennent de l’ampleur dans la société togolaise. Des jeunes se présentant comme gestionnaires de Bizzi (réseaux de prostitution) s’affichent ouvertement sur internet sans être inquiétés par les autorités.
Peut-on laisser impunie la diffusion de ce type de vidéos sur les réseaux sociaux dans une société où les adolescents ont massivement accès à ces plateformes ? Cette situation interroge également sur le rôle et l’efficacité de la police des mœurs dans la régulation de ces phénomènes.
L’incident de Djagblé met une fois de plus en lumière les nouveaux défis auxquels fait face la société togolaise : banalisation de la prostitution, chantage numérique, exposition de la vie privée et protection des mineurs face à des contenus inappropriés. Ces questions nécessitent une réflexion urgente des autorités compétentes et de la société civile.
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