Traite des êtres humains au Togo : Compassion International Togo accélère la lutte avec un plan d’action

Compassion International Togo réaffirme son engagement envers la protection des personnes dans le pays. À l’occasion de la Journée mondiale contre la traite des êtres humains, l’ONG chrétienne a organisé mercredi 30 juillet à Lomé, une conférence sur le thème : « La traite des êtres humains est un crime organisé. Mettons fin à l’exploitation ».
Cette initiative a rassemblé des acteurs étatiques, des organisations de la société civile, des jeunes et des églises partenaires, dans le but de sensibiliser sur ce crime qui touche des millions de personnes dans le monde. La conférence a exposé les facteurs et les conséquences de la traite, tout en proposant un plan d’action inclusif pour lutter contre ce fléau au Togo.
« Compassion International Togo et ses églises partenaires ainsi que les partenaires stratégiques ont à cœur la protection des enfants. Aujourd’hui, dans le programme de Compassion, nous avons plus de quatre-vingt-dix mille enfants. Nous faisons beaucoup de choses pour accompagner ces enfants et jeunes dans leur éducation et formations professionnelles. Donc pour tous les efforts qui se font, nous voulons les voir réaliser leurs rêves. Mais, en même temps, nous nous sommes engagés pour éliminer les choses qui peuvent menacer l’atteinte de ces résultats. C’est la raison d’être de célébrer aujourd’hui la Journée de lutte contre la traite des personnes », a indiqué Dr Gbekou Kodjovi, chef de département appui au programme de Compassion International Togo.
Un fléau qui gagne du terrain au Togo
Compassion International Togo a présenté les résultats d’une enquête sur la traite des enfants, réalisée principalement auprès des Centres de Développement des Jeunes et Enfants (CDJE). Cette enquête a mis en lumière 134 cas de traite d’enfants et de jeunes âgés de 10 à 18 ans, basés sur les informations fournies par 67 CDJE sur les 396 impliqués dans l’étude.
Les victimes sont souvent emmenées vers des pays voisins tels que le Nigeria, le Ghana, le Bénin, le Niger, la Côte d’Ivoire et le Mali.
Les enfants victimes proviennent généralement de familles avec des parents malades, d’orphelins, ou d’enfants abandonnés par l’école. Beaucoup reviennent malades et souffrent de traumatismes dus aux abus et à l’exploitation.
« Certains de ces enfants et jeunes reviennent étant malades compte tenu des travaux forcés auxquels ils ont été exposés. Certains enfants et jeunes traînent actuellement des souffrances morales suite aux abus, à l’exploitation et à la trahison qu’ils ont connus », révèlent les responsables de Compassion International Togo.
Pour l’ONG, ces résultats soulignent l’ampleur préoccupante du phénomène de la traite au sein de la population jeune, nécessitant des actions urgentes pour contrer cette problématique.
Un panel pour discuter des défis et des solutions

Un panel a été organisé pour faire le point sur le phénomène de la traite. M. Koffi Amenyo Gblokpo, représentant le ministre de l’Action sociale, a évoqué les actions de l’État dans la lutte contre la traite, y compris les lois et sanctions pour les auteurs, allant de 10 à 30 ans de réclusion.
L’un des principaux défis qui entrave la lutte est le manque de dénonciation.
« Le plus grand défi, c’est la dénonciation. Les gens ne veulent pas dénoncer les cas de traite par peur de représailles. Or, si on ne dénonce pas, le phénomène va perdurer et les conséquences seront toujours dévastatrices, surtout pour les enfants », a déclaré Mme Félicité Koublanou, coordinatrice du Réseau de Lutte contre la Traite des Enfants au Togo (RELUTET) lors de sa communication.
Le rôle de l’Église dans la lutte contre la traite des êtres humains a également été abordé au cours des échanges. En tant qu’autorité morale, l’Église est invitée à prendre à bras-le-corps ce problème à travers la sensibilisation.
« Le mieux, c’est de prévenir et pour la prévention, il faut sensibiliser, il faut éduquer par rapport au phénomène, par rapport aux actions de l’État et éduquer par rapport à l’arsenal juridique qui existe et au mécanisme qui existe pour lutter contre le phénomène », a déclaré Mme Pasteur Angèle Wilson-Dogbé, directrice générale du Bureau régional de la CETA et directrice de la migration, point focal enfant et éducation chrétienne.
Un plan d’action pour accélérer la lutte
À l’issue de la journée, un plan d’action a été proposé, définissant les actions à mener à différents niveaux pour intensifier la lutte contre la traite.
« Quand un enfant souffre, notre objectif n’est pas atteint et nos efforts, nos investissements sont comme des points perdus. C’est ce que nous voulons éviter en sensibilisant et en interpelant les uns et les autres à jouer leur part de responsabilité », a conclu Gbekou Kodjovi.
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