Togo : Une institution de recouvrement, rempart indispensable contre les flux financiers illicites

Pour endiguer les pertes massives dues aux flux financiers illicites (FFI), l’Alliance Nationale des Consommateurs et de l’Environnement (ANCE-Togo) plaide fermement pour la création et l’opérationnalisation d’une institution nationale de recouvrement des avoirs. Ce mécanisme est, selon l’organisation, la seule voie durable pour permettre au pays de préserver ses ressources et financer son développement.
À la faveur d’un atelier de renforcement des capacités organisé le jeudi 7 avril 2025 à Lomé, l’ANCE-Togo – qui coordonne le Hub Afrique de l’Ouest de Transparency International – a mobilisé une quinzaine de journalistes autour du thème des flux financiers illicites (FFI) et de leur impact sur le développement économique
Cette initiative, appuyée par le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), vise à faire des professionnels des médias des alliés dans le plaidoyer en faveur de l’adoption de l’avant-projet de loi portant création de l’organe de recouvrement des avoirs au Togo et son opérationnalisation.
« Nous avons jugé important d’organiser cet atelier de renforcement des capacités des journalistes sur les flux financiers illicites, car c’est un fléau qui entrave le développement des pays. Nous attendons de ces journalistes des actions concrètes pour nous aider à porter le plaidoyer en faveur de la création d’une institution de recouvrement des avoirs », a expliqué Préclia Djodji, Directrice exécutive de l’ANCE-Togo », a souligné Préclia Djodji, Directrice exécutive de l’ANCE-Togo.

L’organisation souhaite également que les médias sensibilisent le grand public à travers des productions axées sur les enjeux des FFI afin de susciter une prise de conscience collective.
Des pertes colossales et un frein au développement
Les chiffres sont alarmants : plus de 1000 milliards de dollars ont été perdus par l’Afrique au cours des 50 dernières années en raison des flux financiers illicites. Chaque année, plus de 50 milliards de dollars quittent le continent par des circuits obscurs, équivalant presque à l’aide publique au développement reçue sur la même période (UA, 2015).
Au Togo comme ailleurs, ces pratiques sapent les fondements économiques et sociaux. D’après Ebeh Kodjo Fabrice, Président de l’ANCE-Togo, la falsification des prix dans les transactions commerciales a coûté à l’Afrique 407 milliards de dollars entre 2001 et 2010. Les pays les plus affectés par les FFI investissent jusqu’à 58 % de moins dans l’éducation et 25 % de moins dans la santé que ceux où les flux sont maîtrisés (CNUCED, 2020).
« En érodant l’assiette fiscale et en décourageant les investissements, les FFI nuisent à la transformation structurelle, à la croissance et au développement durable », a-t-il rappelé.
L’ANCE-Togo exhorte les autorités à accélérer l’opérationnalisation de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF-TOGO), tout en mettant en œuvre les recommandations du GIABA.
En effet, dans le rapport d’évaluation mutuelle du Togo, le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest a souligné la nécessité pressante d’adopter l’avant-projet de loi sur la mise en place d’un organe de recouvrement des avoirs.
GIABA dans sa démarche estime que les criminels continueront à prospérer et à être enthousiastes tant qu’ils pourront conserver les avoirs acquis dans le cadre de leurs activités criminelles, soulignant la nécessité pour le pays de couper le mal à la racine. Pour ANCE Togo, il s’agit d’agir à la racine du mal, en s’attaquant aux mécanismes qui permettent la fuite des capitaux : corruption, blanchiment, évasion fiscale, trafic de drogues, contrefaçon, financement du terrorisme, entre autres.
Depuis sa création en 1999, l’ANCE-Togo œuvre à promouvoir la transparence, l’intégrité et la bonne gouvernance, à travers le plaidoyer, la recherche, le suivi des politiques publiques et le renforcement de capacités. Son combat contre les FFI s’inscrit dans cette logique.
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