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Togo : 447 milliards de dépôts et plus de 4,6 millions de clients, la microfinance pèse lourd

Le secteur de la microfinance au Togo connaît une croissance soutenue et s’impose désormais comme un pilier incontournable de l’inclusion financière dans le pays. C’est le tableau dressé le 10 mars dernier devant lAssemblée nationale par le ministre des Finances et du Budget, Essowè Georges Barcola, à l’occasion de l’examen d’un projet de loi portant réforme du cadre réglementaire des institutions de microfinance.

Les chiffres présentés par le ministre témoignent de la vitalité du secteur. À ce jour, plus de 4 696 701 personnes bénéficient des services financiers offerts par les institutions de microfinance, regroupées en 415 519 groupements à travers le territoire national. Au 31 décembre 2025, l’encours des dépôts est estimé à 447,5 milliards de francs CFA, l’encours des crédits à 392,1 milliards de francs CFA, et le total actif du secteur atteint 578,6 milliards de francs CFA.

« La microfinance est un vecteur puissant d’inclusion financière. Elle permet à des millions de nos concitoyens, en particulier les femmes et les jeunes, d’accéder aux services financiers de base pour entreprendre, investir et améliorer leurs conditions de vie », a souligné le ministre devant les députés.

Un cadre réglementaire modernisé

Ce développement rapide a toutefois mis en lumière des insuffisances structurelles, notamment en matière de viabilité des institutions, de protection des clients et des épargnants, et de faiblesse des systèmes de gestion interne. Pour y remédier, le Conseil des ministres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a adopté le 21 décembre 2023 une nouvelle loi uniforme, abrogeant celle du 12 mai 2011, et dotant les États membres d’un cadre juridique renforcé et modernisé.

Ce nouveau texte impose aux institutions de microfinance des règles strictes de gouvernance, de transparence et de supervision. Il introduit également des obligations renforcées en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Désormais, aucune institution ne pourra exercer sans mettre en place des dispositifs de contrôle interne, adhérer aux centrales d’information sur le crédit et collaborer avec les autorités compétentes pour détecter et prévenir les dérives financières.

Des garanties pour les déposants

Interrogé sur le sort des épargnants en cas de liquidation d’une institution, le ministre a apporté des précisions rassurantes. La nouvelle loi prévoit un mécanisme obligeant les institutions à adhérer à un fonds de garantie, qui pourra rembourser les déposants en cas de défaillance, même si le remboursement ne saurait être intégral.

Sur la question du coût élevé de la mise en conformité, le ministre a reconnu que ces charges seront significatives, mais a assuré que les États membres et la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) accompagneront les institutions tout au long de ce processus de transition, afin qu’elles puissent se conformer sans être contraintes de disparaître.

Au-delà de sa fonction sociale, la microfinance est désormais appelée à jouer un rôle de bouclier économique.

« La microfinance ne sera pas seulement un outil d’inclusion, mais aussi un instrument de protection de notre économie contre les dérives criminelles et les menaces transnationales », a conclu le ministre Barcola.

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Raphaël Koffi AZIAMADJI

Journaliste et linguiste de formation, Koffi AZIAMADJI est Directeur de publication de AuxNouvelles.TG. Il est doublement diplômé de l'Université de Lomé : une licence en Journalisme obtenue à l'ISICA et une licence en Sciences du Langage à la FLLA. Cette double expertise, à la croisée de l'information et de la langue, forge une plume rigoureuse, précise et engagée.

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