Vers la création d’une plateforme des OSC et des médias pour lutter contre les flux financiers illicites

Une réunion préparatoire s’est tenue le vendredi 23 mai 2025 au siège d’ANCE-Togo, rassemblant une vingtaine d’organisations de la société civile (OSC) et de médias togolais. Ces acteurs, engagés sur les questions de bonne gouvernance, de transparence et de lutte contre les flux financiers illicites (FFI), ont amorcé les démarches pour créer un réseau structuré et coordonné. L’objectif est de renforcer les capacités de plaidoyer afin de combattre efficacement ce phénomène qui prive l’Afrique de ressources essentielles à son développement.
Sous la direction du Président de l’Alliance Nationale des Consommateurs et de l’Environnement au Togo, Ebeh Kodjo Fabrice, les discussions ont porté sur l’élaboration du statut et du règlement intérieur de la future plateforme. Une commission a été désignée pour finaliser ces textes, en vue de préparer l’assemblée générale constitutive du réseau, qui réunira OSC et médias.
Au cours des 50 dernières années, l’Afrique a perdu plus de 1 000 milliards de dollars en flux financiers illicites, une somme équivalente à l’ensemble de l’aide publique au développement reçue sur la même période. Ces pertes, qui ont presque doublé entre 2015 et 2020, atteignent désormais 90 milliards de dollars par an, soit 3,7 % de la production économique annuelle du continent (CEA, 2020). Ces montants correspondent presque à la totalité des investissements et de l’aide étrangère que l’Afrique reçoit chaque année.
Les FFI proviennent principalement d’opérations commerciales frauduleuses, d’évasion fiscale, de blanchiment d’argent, ainsi que d’activités criminelles telles que le trafic de drogues, d’armes ou d’êtres humains. La corruption, quant à elle, engendre une perte annuelle estimée à 148 milliards de dollars, représentant 25 % du PIB africain (BAD, 2015). L’Afrique de l’Ouest est particulièrement touchée, concentrant 38 % des flux illicites, contre 28 % en Afrique du Nord, 13 % en Afrique australe, 11 % en Afrique de l’Est et 10 % en Afrique centrale (Kar et al., 2010).
Ces flux ont des répercussions directes sur les dépenses publiques. Les pays les plus affectés par les FFI consacrent en moyenne 25 % de moins à la santé et 58 % de moins à l’éducation que ceux où ces flux sont limités (CNUCED, 2020).
Une initiative pour coordonner les efforts
Consciente du rôle clé des OSC et des médias dans la lutte contre les FFI, l’ANCE-Togo, avec le soutien financier du GIABA, s’engage à faciliter la création de cette plateforme nationale. Celle-ci aura pour mission de coordonner les efforts, de planifier des actions de plaidoyer et de sensibilisation, et de renforcer la lutte contre les flux financiers illicites au Togo en appuyant les efforts du gouvernement.
Cette initiative vise à mobiliser les acteurs clés autour d’une stratégie commune, afin de réduire les pertes économiques liées aux FFI et de contribuer au développement durable du pays.
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