Economie

Lutte contre les flux financiers illicites : L’ANCE-Togo mobilise les organisations de la société civile

L’Alliance Nationale des Consommateurs et de l’Environnement (ANCE-Togo), avec le soutien financier du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) a organisé ce jeudi 15 mai 2025 à Lomé, un atelier de renforcement des capacités des Organisations de la Société Civile (OSC) sur les flux financiers illicites.

L’initiative qui vise à appuyer les actions de plaidoyer en faveur de l’adoption de l’avant-projet de loi portant création de l’organe de recouvrement des avoirs au Togo et son opérationnalisation, a réuni une quinzaine d’OSC togolaises intéressées par les questions de bonne gouvernance et de transparence financière.

L’Afrique saignée par les flux financiers illicites

Le continent africain a subi des pertes colossales ces dernières décennies. Les chiffres sont alarmants : plus de 1000 milliards de dollars se sont évaporés en flux financiers illicites (FFI) au cours des 50 dernières années. Cette somme astronomique équivaut pratiquement à l’ensemble de l’aide publique au développement reçue par l’Afrique durant la même période.

« La situation ne s’améliore guère. Actuellement, l’Afrique perd chaque année plus de 50 milliards de dollars en raison de ces flux illicites, selon l’Union Africaine (2015). Plus préoccupant encore, entre 2001 et 2010, les pays africains ont vu s’envoler 407 milliards de dollars uniquement à cause de la falsification des prix dans les transactions commerciales, d’après la Commission Économique pour l’Afrique (2010) », a expliqué Ebeh Kodjo Fabrice, Président de l’ANCE-Togo dans sa communication.

L’impact de ces pratiques frauduleuses est dévastateur pour les populations. La Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) a révélé en 2020 que les pays fortement touchés par les FFI dépensent en moyenne 25% de moins pour la santé et 58% de moins pour l’éducation que ceux où ces flux sont maîtrisés.

En érodant l’assiette fiscale et en décourageant les investissements tant publics que privés, ces flux illicites freinent considérablement la transformation structurelle, la croissance économique et le développement durable des pays africains.

Pour combattre efficacement ce phénomène sur son territoire, le gouvernement togolais a mis en place plusieurs institutions, dont la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF-TOGO), et adopté divers textes juridiques.

Cependant, des lacunes persistent. Dans son rapport d’évaluation mutuelle du Togo, le GIABA a fortement recommandé au gouvernement d’adopter l’avant-projet portant création de l’organe de recouvrement des avoirs et de le rendre opérationnel.

« Le GIABA souligne avec pertinence que les criminels continueront à prospérer et à être enthousiastes tant qu’ils pourront conserver les avoirs acquis dans le cadre de leurs activités criminelles », poursuit M. Ebeh Kodjo Fabrice.

Pour premier responsable de ANCE-Togo, l’atelier de renforcement des organisations de la société civile répond à un besoin urgent d’appuyer les actions de plaidoyer en faveur de l’adoption et de l’opérationnalisation de l’organe de recouvrement des avoirs au Togo.

Concrètement, les représentants des OCS ont été formés sur divers modules cruciaux notamment : le cadre juridique des flux financiers illicites au Togo ; le rôle de l’organe de recouvrement des avoirs et les impacts des flux financiers illicites sur le développement en Afrique.

« Aujourd’hui, beaucoup de pays africains perdent énormément de ressources financières par suite des flux financiers illicites. La mise en place et l’opérationnalisation d’un organe spécifique de recouvrement des avoirs criminels permettra à notre cher pays de mobiliser de ressources substantielles additionnelles pour son développement et de réduire sa dépendance au recours à la dette extérieure pour son développement », a lancé Alassani Arsou DJABATE, Juriste gestionnaire de projets.

Notons que cette formation fait suite à celle des journalistes organisée la semaine dernière. Cette initiative de l’ANCE-Togo s’inscrit dans une dynamique collective de lutte contre les flux financiers illicites, un combat essentiel pour garantir que les ressources du continent servent véritablement au développement des populations africaines.

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Raphaël Koffi AZIAMADJI

Journaliste et linguiste de formation, Koffi AZIAMADJI est Directeur de publication de AuxNouvelles.TG. Il est doublement diplômé de l'Université de Lomé : une licence en Journalisme obtenue à l'ISICA et une licence en Sciences du Langage à la FLLA. Cette double expertise, à la croisée de l'information et de la langue, forge une plume rigoureuse, précise et engagée.

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