Adidogomé Yokoè : des riverains à bout face aux nuisances sonores d’un lieu de culte

Depuis près de deux ans, les habitants du quartier d’Adidogomé Yokoè, aux abords du terrain administratif connu sous le nom de « Terrain de The Winner », vivent au rythme de nuisances sonores qu’ils imputent aux activités du ministère international mission Emmanuel. Chaque lundi et jeudi soir, de 18h30 à 22h, les séances de louanges et d’évangélisation organisées par cet établissement religieux, perturbent, selon les riverains, leur quotidien et leur repos.
Les habitants décrivent des rassemblements massifs accompagnés de chants amplifiés et de haut-parleurs puissants, dont le niveau sonore dépasserait largement les seuils autorisés par la réglementation togolaise. La législation en vigueur fixe la limite à 55 décibels en période nocturne, un seuil que les riverains affirment voir régulièrement et largement excédé lors de ces soirées.
Les conséquences rapportées sont concrètes : difficultés pour les enfants à étudier, impossibilité pour les malades de se reposer, dégradation générale de la qualité de vie. « Nous ne sommes pas contre la religion, mais contre l’excès de bruit », confie une habitante, résumant un sentiment largement partagé dans le quartier. Une précision qui revient avec insistance : la contestation ne porte pas sur les pratiques religieuses elles-mêmes, mais sur leur impact sonore jugé disproportionné.
Face à cette situation, les populations affirment avoir privilégié, dans un premier temps, la voie du dialogue. À plusieurs reprises, des démarches auraient été engagées auprès du responsable religieux pour trouver un compromis sur le niveau sonore. Ces tentatives seraient restées sans résultat, le responsable n’ayant, selon les riverains, procédé à aucun ajustement.
Les habitants se sont également tournés vers les autorités municipales. L’ancienne équipe de la mairie du Golfe 7 a été saisie à plusieurs reprises, sans qu’aucune mesure concrète ne soit prise. Ce vide institutionnel a contribué, selon les riverains, à laisser la situation se prolonger sans réponse.
Un cadre légal pourtant bien défini
L’affaire intervient dans un contexte où le Togo s’est doté, depuis le 20 février 2026, d’un arrêté interministériel encadrant strictement l’émission de bruit sur l’ensemble du territoire national. Ce texte, signé par plusieurs membres du gouvernement, fixe les seuils autorisés à 70 décibels en journée et 55 décibels la nuit. Il impose également des conditions d’implantation aux lieux de culte et prévoit des mesures d’isolation acoustique pour les activités bruyantes.
Sur la question de la responsabilité, le texte est sans ambiguïté : les maires disposent de pouvoirs étendus pour contrôler et sanctionner les nuisances sonores dans leur commune. Après délibération du conseil municipal, ils peuvent infliger des amendes aux contrevenants. Dans le cas des lieux de culte, l’intervention des forces de l’ordre nécessite une réquisition préalable des autorités compétentes — mais cela n’exonère pas les municipalités de leur rôle de régulation.
Les populations d’Adidogomé Yokoè attendent désormais de la patronne de la commune Golfe 7, Mme Dangbuie Afi Pascaline, des actions rapides et concrètes : médiation entre les parties, encadrement des activités concernées, ou, si nécessaire, suspension des rassemblements non conformes à la réglementation en vigueur.
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