Damiba face à la justice : entre accusations de haute trahison et détournements massifs

Extradé du Togo le 17 janvier, l’ancien président burkinabè Paul Henri Sandaogo Damiba doit répondre d’un catalogue d’accusations qui pourrait lui valoir les peines les plus lourdes du Code pénal. Entre atteinte à la sûreté de l’État et détournements présumés, le parcours judiciaire s’annonce périlleux pour celui qui a dirigé le pays pendant huit mois en 2022.
Tout commence le 5 janvier 2026, lorsqu’une dénonciation atterrit sur le bureau du parquet du Tribunal de grande instance Ouaga I. Le contenu n’a pas été rendu public dans le détail, mais selon le ministère public, plusieurs personnes, dont Damiba, seraient impliquées dans des faits visant à porter atteinte à la sûreté et à la sécurité de l’État.
La réaction est immédiate. Dès le lendemain, le 6 janvier, un juge d’instruction ouvre une information judiciaire et délivre un mandat d’arrêt international contre l’ancien dirigeant. Une célérité qui témoigne, selon les autorités, de la gravité des faits reprochés.
Cinq accusations, du politique au financier
Le dossier judiciaire construit par le parquet burkinabè repose sur cinq piliers. En tête de liste figure l’atteinte à la sûreté de l’État, l’accusation la plus politique et la plus lourde de conséquences. Le Code pénal burkinabè classe cette infraction parmi les crimes les plus graves, susceptibles d’entraîner les peines les plus sévères.
Viennent ensuite deux infractions à caractère économique : le détournement criminel de deniers publics et l’enrichissement illicite. Ces accusations suggèrent que l’enquête s’intéresse de près à la gestion des finances publiques pendant la période où Damiba était aux commandes, ainsi qu’à l’évolution de son patrimoine personnel.
Le quatrième chef d’accusation concerne la corruption et l’incitation à la commission de crimes et délits. Cette formulation laisse entendre que les enquêteurs suspectent l’existence d’un réseau ou d’un système organisé autour de l’ancien président.
Enfin, Damiba est poursuivi pour blanchiment de capitaux et recel aggravé. Ces dernières accusations s’appuient sur la loi n°046-2024 du 30 décembre 2024, un texte récent qui renforce l’arsenal juridique burkinabè en matière de criminalité financière, de financement du terrorisme et de prolifération des armes de destruction massive.
Une extradition éclair
L’efficacité de la procédure a manifestement été une priorité pour Ouagadougou. Après l’émission du mandat d’arrêt international, les autorités burkinabè ont saisi leurs homologues togolaises. La Chambre d’instruction de la Cour d’appel de Lomé a rendu un arrêt favorable au transfert le 16 janvier 2026, soit dix jours seulement après l’ouverture de l’information judiciaire.
Le 17 janvier, Damiba était remis aux autorités burkinabè. Dans un communiqué daté du 20 janvier, le gouvernement du Burkina Faso a salué cette « parfaite coopération judiciaire » avec le Togo. Pour le ministère de la Justice, cette extradition menée tambour battant illustre la détermination des autorités à traiter avec diligence les dossiers touchant à la sûreté nationale.
Elle témoigne aussi, selon Ouagadougou, de l’efficacité des mécanismes de coopération judiciaire sous-régionale, souvent critiqués pour leur lenteur.
Paul Henri Sandaogo Damiba, qui avait dirigé le Burkina Faso pendant huit mois en 2022 avant d’être renversé par un nouveau coup d’État, doit désormais affronter la justice de son pays.
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