Diplomatie

Faure Gnassingbé réclame un ‘tribunal international’ pour les crimes coloniaux

Au Sommet de la Diaspora 2025 au Ghana, le Président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé a prononcé un plaidoyer remarquable au Ghana pour les réparations historiques. Entre revendication de justice et vision stratégique pour l’Afrique, son discours pose les jalons d’une refondation du rapport du continent au reste du monde.

Le dirigeant Togolais n’est pas venu au Ghana pour tenir un discours de circonstance. Invité d’honneur du Sommet de la Diaspora 2025, le Président du Conseil togolais a saisi cette tribune panafricaine pour marteler une exigence : la reconnaissance formelle de la traite transatlantique comme le plus grand crime contre l’humanité.

« Beaucoup d’instruments en reconnaissent la gravité, mais aucun n’a encore dit avec la force du droit qu’il s’agit du plus grand crime contre l’humanité », a-t-il déclaré face à un parterre de dirigeants africains et de représentants de la diaspora. Une demande qui dépasse le symbole et qui, selon lui, constitue la première étape indispensable d’un processus de réparations qu’il veut structurel et concret.

Des réparations comme levier stratégique

Pour Faure Gnassingbé, les réparations ne sont pas une simple compensation morale. Elles représentent un instrument de rééquilibrage économique aussi vital que les investissements dans les infrastructures ou la transformation productive.

La traite et la colonisation, rappelle-t-il, ont créé des inégalités de productivité, des asymétries commerciales et des fractures technologiques qui persistent dans l’économie mondiale actuelle.

Le Président du Conseil va plus loin en proposant des mesures concrètes : annulation ou restructuration des dettes héritées, création de fonds multilatéraux dédiés à l’éducation, la science et l’innovation.

« La vérité ne suffit pas. Les réparations exigent des instruments », insiste-t-il, refusant toute approche purement déclarative.

Au-delà de l’aspect économique, Gnassingbé développe une vision psychologique et culturelle des réparations. Les blessures de la traite et de la colonisation traversent les générations et ne peuvent se réduire à des chiffres ou des transferts financiers. Il appelle à un « véritable travail de guérison collective » qui passe par la réécriture de l’histoire africaine du point de vue africain, la valorisation des savoirs locaux et la reconstruction de la confiance entre l’Afrique et sa diaspora. Cette guérison n’est pas qu’affaire de morale.

Pour le Président du Conseil la rencontre d’Accra constitue une stratégie de puissance.

« Une Afrique réconciliée avec son histoire est une Afrique souveraine, scientifiquement, numériquement, culturellement et économiquement ».

Le discours d’Accra dessine également les contours d’une refondation profonde de la position africaine dans le système mondial. Gnassingbé plaide pour un nouveau pacte basé sur la souveraineté économique, la mobilité du savoir et l’investissement massif dans la jeunesse africaine et diasporique.Ses propositions institutionnelles sont ambitieuses : réforme structurelle de l’ONU avec représentation permanente de l’Afrique au Conseil de sécurité, mécanismes juridiques pour reconnaître les crimes coloniaux, tribunal international pour les réparations.

Le Président du Conseil exige également la participation du continent à la gouvernance financière mondiale, la réforme des règles du commerce international et l’accès aux technologies stratégiques.

Le Togo en première ligne

Cette prise de position forte du leader togolais n’arrive pas par hasard. Le Togo, affirme Gnassingbé, porte ces revendications depuis plusieurs années. En soutenant pleinement l’initiative du Président ghanéen John Dramani Mahama, Lomé se positionne comme l’un des fers de lance de ce combat pour la reconnaissance historique et les réparations.

« Ce sommet ouvre un nouveau cycle, celui de l’Afrique qui décide par elle-même, qui transforme et protège, qui rayonne et qui, avec sa diaspora, reprend enfin en main son avenir » a conclu le Président du Conseil.

Une déclaration d’intention qui traduit l’ambition d’une génération de dirigeants africains déterminés à réécrire les règles du jeu international.


En savoir plus sur AuxNouvelles

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Raphael Koffi AZIAMADJI

www.auxnouvelles.tg est édicté par le Groupe AUXNOUVELLES, société à responsabilité limitée unipersonnelle (SARL U) au capital de 1 000 000 de franc CFA, immatriculée au registre du commerce et des sociétés de Lomé sous le numéro TG-LFW-01-2025-13-02034 ; Récépissé : N° 0133/HAAC/12-2025/pl/P ; Contact : +22892060703/+22896404107 Mail : auxnouvellestogo@gmail.com

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page

En savoir plus sur AuxNouvelles

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture