Fin du régime d’Embaló en Guinée-Bissau : les militaires prennent le contrôle total du pays

En Guinée-Bissau, un groupe d’officiers a annoncé mercredi 26 novembre 2025, prendre le « contrôle total du pays » et « suspendre le processus électoral » plongeant cette nation d’Afrique de l’Ouest dans l’incertitude trois jours après des élections présidentielle et législatives déjà explosives.
C’est depuis le siège de l’état-major des forces armées que le général Denis N’Canha, chef de la maison militaire du palais présidentiel, a lu un communiqué au nom d’un groupe d’officiers se présentant comme le « Haut commandement militaire pour la restauration de l’ordre ».
« Le Haut Commandement militaire pour le rétablissement de la sécurité nationale et de l’ordre public a décidé de destituer immédiatement le président de la République et, jusqu’à nouvel ordre, de fermer toutes les institutions de la République de Guinée-Bissau », a-t-il déclaré.
Les putschistes ont également annoncé la suspension des programmes de télévision et appelé la population à « garder le calme ». Les frontières du pays ont été fermées.
Arrestations en série après des coups de feu
L’opération militaire s’est déclenchée en milieu de journée, marquée par des tirs entendus près du palais présidentiel et aux abords des locaux de la commission électorale nationale. Le président sortant Umaro Sissoco Embaló a été arrêté vers midi dans son bureau, comme il l’a confirmé lui-même à Jeune Afrique.
Trois autres hauts responsables ont été interpellés simultanément : le général Biague Na Ntan, chef d’état-major général des armées, son adjoint le général Mamadou Touré, et le ministre de l’Intérieur Botché Candé. Selon des sources concordantes, les opposants Domingos Simoes Pereira et Fernando Dias da Costa sont également détenus à la base aérienne de Bissau.
Un scrutin contesté en toile de fond
Cette intervention militaire intervient dans un climat de vives tensions post-électorales. Umaro Sissoco Embaló revendiquait sa réélection dès dimanche soir avec 65% des voix selon son propre décompte, tandis que son principal adversaire Fernando Dias da Costa, soutenu par le puissant Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), affirmait également avoir gagné.
Les résultats officiels devaient être proclamés ce jeudi, mais le coup de force militaire a précipité le pays dans une énième crise institutionnelle. Depuis son indépendance en 1974, la Guinée-Bissau a connu quatre coups d’État réussis et de nombreuses tentatives de putsch, confirmant son instabilité chronique.
Ne ratez aucune info ! Rejoignez notre chaîne WhatsApp dès maintenant : https://whatsapp.com/channel/0029VadAlHg2ZjCes0fLbC3p
En savoir plus sur AuxNouvelles
Subscribe to get the latest posts sent to your email.




