SUNU Bank Togo : peut-on faire des omelettes sans casser des œufs ?

Depuis plusieurs mois, SUNU Bank Togo est au centre d’une tempête médiatique. La décision de réduire les effectifs suscite débats et critiques, parfois vifs. Mais derrière les slogans syndicaux et les rumeurs relayées sur les réseaux sociaux, une réalité plus complexe se dessine : cette restructuration est le fruit d’un processus encadré, et dicté par les règles de bonne gouvernance bancaire.
Le plan de restructuration n’est pas né d’un coup de tête. La décision a été actée lors d’un Conseil d’administration dont les membres sont les représentants des actionnaires (dont le Groupe SUNU) et des administrateurs indépendants. Un processus collectif donc, où chaque partie a pesé les enjeux.
Dès le départ, l’objectif était clair : redresser la situation financière pour assurer l’avenir de l’institution. Mais plutôt que d’imposer une décision unilatérale, la direction a suspendu son projet initial et attendu les conclusions de la Commission bancaire de l’UMOA, qui a mené une mission de vérification du 24 mars au 16 avril 2025.
Le rapport remis à la mi-août tranche sans ambiguïté. On peut y lire notamment : « Le niveau de la masse salariale, rapporté au produit net bancaire généré, n’est pas soutenable pour la solidité financière à long terme de l’établissement, en violation des dispositions de l’article 45 de la Circulaire n°01-2017/CB/C du 27 septembre 2017 relative à la gouvernance des établissements de crédit et des compagnies financières de l’UMOA. »
Difficile d’être plus clair. La masse salariale était devenue lourde pour la banque, au point de menacer sa viabilité. Ne rien faire aurait été contraire à la loi et à l’intérêt même des clients, comme des actionnaires.
À l’heure où toutes les banques de la place s’adaptent aux mutations du secteur – digitalisation, concurrence accrue, exigences réglementaires –, SUNU Bank n’échappe pas à la règle. « Tout investisseur qui reprend une entité a le droit, et même le devoir, de prendre les décisions nécessaires pour la rendre performante », confie un observateur du secteur.
La restructuration engagée par SUNU Bank Togo doit donc être lue comme un acte de responsabilité : réduire les coûts pour renforcer la solidité, préparer l’avenir et restaurer la confiance.
Face aux rumeurs, le poids des faits
Les syndicats parlent d’« injustice », certains accusent la direction de chercher des prétextes.. Dans ce contexte, la direction estime agir par devoir. « Gouverner une banque, ce n’est pas plaire à tout le monde, c’est assurer sa pérennité », rappelle un administrateur.
Personne ne prétend qu’un plan de restructuration se fait sans douleur. Mais SUNU Bank Togo insiste : la démarche est encadrée, légale, et répond à une nécessité. Entre céder aux discours populistes et prendre des décisions difficiles pour sauver l’institution, le choix a été fait.
La suite dira si cette stratégie permettra à la banque de retrouver la sérénité et la performance attendue. Mais une chose est sûre : dans ce dossier, les faits sont têtus, et ils plaident pour une gouvernance responsable.
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