Société

Aamron brise le silence : « J’avais accepté d’être un MARTYR pour le peuple togolais »

Pour la première fois depuis sa libération le 21 juin dernier, l’artiste togolais Aamron s’est exprimé publiquement sur les événements qui ont marqué sa récente interpellation et son internement. Dans un long message publié ce vendredi 27 juin, soit exactement un mois après son admission dans un centre psychiatrique, l’artiste livre un témoignage sur son expérience et sa vision de la situation politique togolaise.

Interpellé dans la nuit du 26 mai 2025 à son domicile en présence de sa famille, Aamron de son vrai nom Tchala Essowè Narcisse affirme avoir été interné le lendemain pour « défaillance mentale ».

Dans sa déclaration empreinte d’émotion, l’artiste révèle avoir pleinement conscience des conséquences de ses actes dès le moment de son arrestation.

« Le 27 mai, en mon âme et conscience, après les traitements que j’ai subis la veille et quelques heures avant d’être interné, je savais que j’avais franchi la porte du non-retour et que dans tous les cas de figure, ma vie ne serait plus jamais la même », confie-t-il dans son message.

L’artiste revendique avoir accepté d’être un « martyr », offrant sa vie en « sacrifice » dans l’espoir que sa « chute » puisse permettre au peuple togolais de « retrouver sa dignité ».

En m’engageant sur la voie qui m’a menée où je suis aujourd’hui, j’avais admis et accepté d’être un martyr. J’avais décidé d’offrir ma vie en sacrifice tout en espérant que ma chute ou ma disparition, pouvait permettre à tout un peuple, de retrouver sa dignité et son honneur ainsi que son courage ! j’avais accepté de mourir pour que les futures générations, mes enfants, nos enfants, ceux qui sont nés après nous, puissent avoir l’audace de se lever et oser vivre là où nos prédécesseurs se sont couchés et ont accepté d’être condamnés à survivre, a-t-il écrit.

Dans son analyse de la situation politique togolaise, Aamron dresse un portrait alarmant d’un pays où règnent les « injustices » et le « silence complice » des dirigeants.

Il dénonce l’inaction de ceux qui « devaient assumer leurs rôles » et l’ignorance de ceux qui « ne connaissaient pas leurs droits ».

Le peuple était dans le coma. Nous étions et nous le sommes encore fatigués. Pas fatigué de travailler ou de faire les efforts qu’il faut pour nous en sortir, mais fatigué de ne pas être écouté et fatigué de voir notre légitimité ne pas être respectée, lance l’artiste engagé.

L’artiste attribue sa libération non pas à sa propre volonté, mais à celle du « grand peuple togolais » qui aurait « su mobiliser le monde entier et toutes les forces ancestrales » pour obtenir son retour.

Aamron appelle à l’unité nationale

Malgré les tensions actuelles, Aamron lance un appel à l’unité.  

(…) Au-delà des apparences et de l’ambiance délétère dans nos cités, au-delà des tensions organisées et de la division orchestrée, sachons savoir que nous sommes tous des togolais, que nous soyons militaires qui obéissons à des ordres ou peuple qui revendiquons nos droits légitimes en manifestant selon nos moyens, que nous soyons les dirigeants où le peuple dirigé (…), a-t-il conclu.

Lire aussi : L’artiste AAMRON retrouve la liberté

Raphael Koffi AZIAMADJI

Contactez AUX NOUVELLES. Tel : (+228) 92060703 / 96 40 41 47 / 70 82 75 13 (WhatsApp) Mail : auxnouvellestogo@gmail.com

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page