L’opposition ivoirienne s’unit face à la candidature d’Ouattara

L’opposition ivoirienne est déterminée à faire bloc à un 4e mandat d’Alassane Ouattara qui continue d’entretenir le suspense à quelques mois de l’élection présidentielle. Le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), dirigé par Laurent Gbagbo, et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire, sous la conduite de Tidjane Thiam, ont officialisé dimanche la création d’un front commun destiné à peser sur l’échiquier politique national.
Cette alliance stratégique vise principalement à défendre la participation de leurs leaders respectifs, actuellement exclus du processus électoral, et à réclamer l’ouverture d’un dialogue politique inclusif. Une démarche qui intervient dans un contexte de tensions croissantes autour de la candidature controversée du président sortant Alassane Ouattara.
Tidjane Thiam, leader du principal parti d’opposition a lancé un avertissement sans équivoque : sans prise en compte de ces revendications légitimes, le scrutin d’octobre risquerait de manquer cruellement de légitimité.
Une mise en garde qui résonne particulièrement dans un pays encore marqué par les crises post-électorales de 2010-2011.
La nouvelle coalition Laurent Gbagbo- Tidjane Thiam exige la réforme urgente de la Commission électorale indépendante, institution garante de la transparence du processus démocratique.
L’opposition ivoirienne dénonce une « dérive politique »
Laurent Gbagbo n’a pas mâché ses mots concernant la candidature annoncée du président sortant à un quatrième mandat. L’ex-président ivoirien, qui avait lui-même tenté de briguer un troisième mandat en 2010, dénonce aujourd’hui ce qu’il considère comme une menace directe pour la démocratie ivoirienne.
« Cette candidature constitue une dérive politique majeure », a déclaré Gbagbo, appelant à une mobilisation citoyenne face à ce qu’il qualifie d’entorse aux principes démocratiques.
Au pouvoir depuis 2011, Alassane Ouattara, âgé de 83 ans, a été désigné samedi candidat officiel de son parti, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), à l’élection présidentielle d’octobre 2025. Dans la foulée, il a confirmé qu’il acceptait de rester président du parti, consolidant ainsi son emprise sur l’appareil politique au pouvoir.
Cette candidature pour un quatrième mandat relance les débats sur la limitation des mandats présidentiels en Afrique de l’Ouest, une question qui agite régulièrement la sous-région. En 2020 déjà, la candidature d’Ouattara pour un troisième mandat avait suscité de vives contestations et des violences qui avaient fait plusieurs dizaines de morts.


