Liberté de la presse, d’expression et d’opinion : Ce que le journaliste Ferdinand Ayité a dit au nouveau Pape au sujet du Togo
Le journaliste togolais Ferdinand Ayité continue de faire parler de lui depuis l’exil en France. Le directeur de publication du journal « L’ALTERNATIVE » vient d’adresser une lettre ouverte au Pape Léon XIV.
Dans cette lettre, le journaliste d’investigation et lauréat du prestigieux Prix international de la liberté de la presse a détaillé au Souverain Pontife la situation de la liberté de la presse, d’expression et d’opinion qu’il juge « muselées » par le pouvoir en place.
« Je tenais à vous remercier et à saisir cette occasion pour évoquer avec Votre Sainteté le cas particulier de la liberté de la presse et d’expression dans mon pays, le Togo, où il y a comme une mise à mort lente de la presse », a écrit Ferdinand Ayité.
Pour le journaliste, depuis la gouvernance de Feu Gnassingbé Eyadema, la presse privée n’a jamais eu de répit pour exercer son travail comme il se doit.
« (…) Aujourd’hui encore, le ton a été durci vis-à-vis de la presse privée locale, au point d’entraîner des arrestations, des emprisonnements et des contraintes à l’exil de nombreux journalistes togolais. (…) On assiste au Togo à des interpellations systématiques et à des gardes à vue illégales et abusives des journalistes par le Service central de recherches et d’investigations criminelles (SCRIC), […]; des retraits à plusieurs médias de leurs récépissés de parution, des suspensions de parution et d’émissions ; toutes ces mesures amènent les journalistes à l’autocensure, et donc à craindre de dire la vérité. »
Dans sa longue lettre, Ferdinand Mensah Ayité n’a pas manqué de relater sa propre expérience vécue lorsqu’il était dans le pays.
« J’ai moi-même vécu cette douloureuse expérience entre décembre 2021 et janvier 2022 à la suite d’une émission dénonçant la corruption ; interpellé et emprisonné avec mon confrère Joël Vignon Egah, directeur de publication du journal « Fraternité », ce dernier est décédé quelques jours seulement après notre libération. Face à ces nombreuses et réelles menaces qui pèsent sur ma personne, j’étais obligé de partir en exil avec ma famille et certains de mes collaborateurs », raconte-t-il.
La liberté d’opinion également mise en lumière par Ayité
Au-delà de la liberté de la presse et d’expression, Ferdinand Mensah Ayité a mis en lumière la situation de la liberté d’opinion qu’il qualifie de « menacée ».
« Des militants de l’opposition, des membres de la diaspora rentrés au bercail, sont arrêtés, torturés et emprisonnés. En somme, toute tentative de dissidence et toute voix dissonante sont étouffées par le pouvoir en place », affirme-t-il.
Il a particulièrement relevé le cas des prisonniers politiques ainsi que de certains citoyens arrêtés et gardés en prison, notamment Jean Paul OUMOLOU, activiste togolais vivant en Suisse, arrêté le 3 novembre 2021 à son retour au pays ; Honoré Sitchope Sokpor alias « AFFECTIO », arrêté le 12 janvier 2025 ; et l’artiste Tchalla Essowè Narcisse alias « AAMRON », interpellé dans la nuit du 26 mai 2025.
Ferdinand Mensah Ayité affirme que sa démarche vise à attirer « de façon particulière » l’attention du Pape sur le cas spécifique du Togo.
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