Grâce présidentielle au Togo : Amnesty International applaudit d’une main seulement
La libération de 1 511 détenus par grâce présidentielle, décidée par le Président du Conseil Faure Gnassingbé, suscite des réactions positives au sein des organisations de défense des droits humains. Amnesty International Togo, par la voix de son Directeur exécutif Aimé ADI, a salué cette décision présidentielle comme « une bonne nouvelle » et « une étape importante pour la mise en œuvre des engagements du Togo dans le domaine des droits humains ». Cependant, l’organisation internationale appelle à des réformes structurelles.
« Cette grâce collective intervient dans un contexte où le pays doit honorer ses promesses faites lors de l’Examen périodique universel (EPU) et devant d’autres mécanismes internationaux de protection des droits de l’homme », indiquent les responsables de l’organisation précisant que cette mesure témoigne d’une volonté de rapprocher le discours des actes.
Amnesty International Togo salué par ailleurs l’inclusion dans cette mesure qui a permis à plusieurs activistes et opposants de recouvrir leur liberté.
« Elle est d’autant plus importante qu’elle prend en compte plusieurs activistes détenus pour leurs prises de position critiques envers les autorités », a souligné Aimé ADI.
Cette dimension politique de la mesure revêt une importance particulière pour l’ONG, qui y voit un signal encourageant en matière de libertés d’expression et d’opinion.
Depuis des années, Amnesty International documente et dénonce les arrestations de personnes pour leurs opinions critiques. Leur libération constitue donc, aux yeux de l’organisation, un geste significatif vers une plus grande tolérance du débat public.
Les bénéficiaires de cette grâce incluent aussi des personnes condamnées pour des délits mineurs, des détenus âgés en fin de peine et des prisonniers gravement malades, reflétant selon l’ONG une approche humaniste bienvenue.
Au-delà de la grâce, l’urgence de réformer le système carcéral
Si Amnesty International Togo accueille favorablement cette décision, l’organisation ne compte pas s’arrêter là. Pour elle, la grâce présidentielle, aussi symbolique soit-elle, ne doit pas occulter les problèmes structurels qui gangrènent le système pénitentiaire togolais.
« Nous invitons les autorités togolaises à prendre des mesures courageuses pour régler la question de la surpopulation carcérale », a déclaré Aimé ADI, rappelant que les prisons du pays font face à un surpeuplement chronique qui compromet la dignité des détenus et complique leur réinsertion.
Pour l’organisation de défense des droits humains, la libération de plus de 1500 prisonniers offre certes un répit temporaire aux établissements pénitentiaires saturés, mais ne constitue qu’un pansement sur une plaie profonde.
Amnesty International appelle donc à une réforme globale : amélioration des conditions de détention, recours accru aux peines alternatives à l’emprisonnement, accélération des procédures judiciaires pour réduire la détention préventive prolongée, et renforcement des programmes de réinsertion.
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