Ghana : Sept ans après, le meurtre du journaliste Ahmed Divela reste impuni
Un appel à la solidarité mondiale lancé par le CPJ alors que l'assassinat du reporter d'investigation demeure non résolu

Au Ghana, le meurtre du journaliste Ahmed Hussein-Suale Divela reste un symbole criant de l’impunité qui règne en matière d’agressions contre la presse. Sept ans après son assassinat, aucun responsable n’a été traduit en justice. Alors que le monde célèbre ce 2 novembre la Journée internationale pour mettre fin à l’impunité des crimes commis contre les journalistes, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) relance le débat et appelle à la justice pour l’assassinat du journaliste ghanéen.
Divela, membre du média d’investigation Tiger Eye PI, a été assassiné près de son domicile familial à Accra, la capitale du Ghana, en janvier 2019. Le journaliste avait reçu des menaces avant d’être abattu à bout portant dans ce qui apparaît comme un meurtre prémédité.
« Près de sept ans après l’assassinat du journaliste Ahmed Hussein-Suale Divela, abattu à bout portant, l’incapacité des autorités ghanéennes à identifier et à traduire en justice les responsables de ce meurtre prémédité est scandaleuse », a déclaré Angela Quintal, directrice du Comité pour la protection des journalistes (CPJ) Afrique.
Une famille menacée pour avoir réclamé justice
Dans une interview accordée au CPJ le 9 octobre, Kamilu Ibrahim Tahidu, l’un des frères de Divela, a confié que sa famille gardait espoir que justice soit rendue, notamment suite à l’engagement du président ghanéen John Dramani Mahama de garantir que les responsables rendent des comptes.
Mais cette quête de justice a un prix : Tahidu et un autre frère de Divela ont eux-mêmes reçu des menaces après le meurtre pour avoir dénoncé les faits et réclamé justice pour leur frère assassiné.
Depuis le meurtre de Divela, plusieurs personnes ont été arrêtées puis relâchées dans le cadre de cette affaire, sans qu’aucune inculpation ne soit maintenue. Le mois dernier, le procureur général du Ghana a classé sans suite l’enquête visant un suspect arrêté en mars, invoquant un manque de preuves suffisantes.
Le courriel envoyé par le CPJ au bureau du procureur général pour lui demander des commentaires est resté sans réponse, et le numéro de téléphone indiqué sur le site web du procureur général s’est révélé injoignable.
Un appel à la solidarité internationale
« L’impunité dont jouissent les auteurs de l’assassinat de Divela, comme celle de tant d’autres journalistes ghanéens victimes d’attaques, mérite une attention internationale. Nous appelons les défenseurs de la liberté de la presse du monde entier à se solidariser avec les personnes qui réclament justice », a lancé Angela Quintal.
Le CPJ a documenté un large schéma d’impunité pour les attaques contre la presse au Ghana et a écrit au président Mahama au sujet du bilan du pays en matière de liberté de la presse après son entrée en fonction en janvier.
Pour rappel, la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, célébrée chaque année le 2 novembre, vise à rappeler que les assassinats de journalistes ne doivent pas rester impunis et que la liberté de la presse est un pilier fondamental de la démocratie.
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